Véman – tome 1 – Les semeurs de planètes

$23.95

Série : Véman
Tome 1
Catégorie : Roman de science-fiction
226 pages
ISBN 9780994817907
Année de parution : nouvelle édition 2015
Auteure : Hélène Boudreault

UGS : Vman1 Catégories : ,

Description

Hélène et Yogmi traversent deux autres couloirs et au bout d’un moment, ils font face à une énorme porte vitrée. Celle-ci mène à une sorte de jubé à partir duquel ils bénéficient d’une vue plongeante sur une immense salle où s’affairent des extraterrestres et quelques hybrides à des consoles surplombées par un mur interminable servant d’écran de projection. Sur l’écran, Hélène peut apercevoir des cartes géographiques de la Terre, des cartes gorgées de marques qu’elle ne comprend pas, des photos d’une autre planète que la Terre, mais qui s’y apparente. Il y a aussi une projection des planètes de notre système solaire, d’autres qui semblent représenter d’autres nébuleuses, etc. Il y a bien vingt panoramas différents qui s’affichent en même temps sur cet écran.

Les opérateurs des consoles passent agilement d’une image à l’autre, marquent des points sur les cartes et échangent sur les données affichées.

― On pourrait dire qu’ici c’est notre centre météorologique et de navigation. Nous pouvons y observer tous les changements de comportement du noyau de la Terre. Nous interprétons tous les signes annonciateurs de tsunamis, de tremblements de terre, de tempêtes en mer, ainsi que les tempêtes électromagnétiques. Nous pouvons aussi déceler sur nos radars la présence en ces lieux de bateaux et d’avions. Nous pouvons donc anticiper ce qui se prépare et positionner nos vaisseaux hors de ces zones de turbulence, mais assez près pour intervenir si les humains ne secourent pas à temps les équipages en détresse.

― Donc, je comprends que vous pouvez détecter à l’avance des cataclysmes, ce que nous ne savons pas encore faire de façon précise, dans plusieurs cas.  Il nous serait sans contredit salutaire que vous nous transmettiez ces connaissances. OH ! Combien de vies humaines pourraient être épargnées, si on pouvait agir en amont de ces avaries dévastatrices.

― Cela est prévu au plan, Madame Fisher. Les humains pourront bénéficier bientôt de toutes ces technologies. Ils seront même instruits de notre science en matière de navigation.

― Et parlant de navigation, comment se fait-il que l’on ne voie pas toujours vos vaisseaux dans le ciel ?

― Pourtant, nos vaisseaux sont parfois bien visibles, mais les humains ont plutôt tendance à regarder leurs pieds, plutôt que de lever le nez vers le ciel. Dès le matin, ils sont étrangement tous occupés à surveiller le voisin, à composer avec le trafic routier, à lire leur journal, à parler ou à gérer leurs courriels avec leur téléphone portable, à tout sauf regarder en l’air. Ceci étant dit, il est tout de même préférable de nous déplacer sans être vus. Pour cela, nous utilisons notamment des rayons infrarouges. Cela rend nos vaisseaux invisibles à l’œil nu. Dans plusieurs cas, cela s’est avéré préférable d’agir de la sorte, puisque les humains cèdent habituellement à la peur en voyant nos engins. Et je suppose que vos gouvernements se feraient un plaisir de nous tirer dessus, avant même que nous ayons le temps d’ouvrir la bouche. C’est ce qu’ils font toujours. Et si nous ripostions à cette attaque gratuite de leur part, la panique pourrait s’installer rapidement sur Terre et faire boule de neige, avant même que nous ayons eu le temps de prouver à la population nos intentions pacifiques.

― Et les trous de verre dont vous me parliez, est-ce ici que vous les repérez ?

― Oui, regardez au centre, la carte de la Terre, avec ces courbes rosées qui ressemblent un peu à une trombe marine, manifestation météorologique qui précède parfois la formation d’une tornade. Ce sont les différents trous de verre qui sont actuellement dispersés sur la planète. Le problème est qu’on ne les voit pas comme cela en réalité ; ils sont pratiquement invisibles à l’œil nu, jusqu’à ce qu’on soit attiré par l’un d’eux. À ce moment-là, il est déjà trop tard pour se soustraire au piège. Vous remarquerez qu’ils semblent se concentrer à certains endroits, par exemple dans le triangle des Bermudes, au pôle Nord et au pôle Sud. Le déplacement à l’intérieur d’un trou de verre est toujours unidirectionnel. On entre donc d’un côté et on ressort de l’autre. Ils sont de longueurs différentes. Certains de ces trous de verre mènent directement dans l’espace. Le problème est que vous ne connaissez pas encore les points d’arrivée de ces trous de verre, ni les points d’entrée de toute évidence. Ainsi, les bateaux et les avions qui y pénètrent ne reviennent jamais pour vous raconter ce qu’ils ont vu de l’autre côté. Avant même d’arriver de l’autre côté, la plupart des gens qui sont pris dans ces tourbillons extrêmes suffoquent et succombent rapidement sous la trop forte pression. Même les structures des bateaux et des avions éclatent la plupart du temps sous cette pression. La partie la plus large du cône est le point d’entrée du trou de verre. C’est l’endroit où est happé par sa force d’attraction tout ce qui passe à moins de cent mètres. Une fois à l’intérieur, l’engin se déplace vers le point de sortie à une vitesse extrême et en quelques minutes seulement. Grosso modo, vous pourriez comparer le trou de verre à un train à grande vitesse comme celui de France, en multipliant cette vitesse par plus de six cent mille.

Hélène se met aussitôt à compter sur la feuille de son carnet de notes, afin d’estimer plus clairement la vitesse de déplacement dans ces fameux trous de verre. Voyant qu’elle semble s’empêtrer dans sa table de multiplication et avant qu’elle ne s’enlise davantage, Yogmi précise :

― Bon, j’avoue que mon exemple n’est peut-être pas tout à fait à l’échelle du temps. Mais comme une image vaut mille mots, comme les humains le disent si bien, j’utiliserais celle-ci pour mieux exprimer ce concept : imaginons qu’un trou de verre relie Québec à Paris. Si nous vous installions à l’abri, dans un de nos vaisseaux, vous arriveriez à destination avant même d’avoir crié ciseau. En moins de trente secondes, vous seriez à Paris.

― Incroyable !

Hélène est ébahie par l’exposé. Elle a peine à croire que la planète Terre abrite de tels couloirs et que nos scientifiques n’aient pas encore démystifié plus clairement ces phénomènes. Une telle découverte mettrait irrémédiablement le monde de l’aviation commerciale en péril. Puis, Yogmi reprend là où il en était :

― Nous utilisons d’ailleurs ces trous de verre pour nous déplacer rapidement d’une nébuleuse à l’autre, ou entre deux planètes. Même ceux qui sont ici sur la planète nous sont très utiles dans nos déplacements. Nos cosmonautes extraterrestres connaissent bien le comportement de ces trous de verre et savent comment y circuler de manière sécuritaire.  Nous avons aussi l’équipement nécessaire pour les repérer, bien avant que leur force d’attraction ne nous atteigne. Nos engins sont conçus pour supporter la pression qu’ils exercent et nous utilisons la vitesse induite par le trou de verre pour nous propulser davantage, une fois que nous sommes sortis, un peu à la manière du lance-pierre qui donne à la roche une accélération qu’elle n’aurait jamais pu atteindre sans. Tout cela nous permet d’économiser énormément d’énergie et de temps.

Pendant que Yogmi et Hélène marchent à pas de tortue dans un long corridor devant les mener à un autre secteur du centre de recherches, Hélène tente une autre question :

― Mais dites-moi Yogmi, quel type d’enseignement comptez-vous obtenir de toutes ces carcasses de bateaux et d’avions ? Ne savez-vous pas déjà tout ce que nous, humains, savons ?

― Essentiellement, nos observations visent à mesurer avec exactitude le niveau d’évolution où les humains sont rendus. Nos ancêtres ont planifié soigneusement votre cycle évolutif. La plupart du temps, les humains réagissent comme le plan l’avait prédit. Ainsi, nous pouvons constater que ceux-ci suivent la courbe d’évolution prévue. Toutefois, il est intéressant de constater à quel point l’humain peut aussi se montrer très imprévisible en d’autres circonstances. Son comportement peut-être très surprenant. Il fait parfois des choix que nous n’avions pas prévus du tout. Par exemple, l’humain a compris trop rapidement le domaine du nucléaire, alors qu’il n’était pas encore assez mûr pour l’utiliser à bon escient. C’est un peu comme si nous avions donné à un enfant de 3 ans un briquet dans une main et un bâton de dynamite dans l’autre. Nous devons donc demeurer vigilants et surveiller de près certains d’entre eux, dans l’intérêt de la survie de toute la planète, ce qui nous inclue dans le lot. D’ailleurs, même après le carnage perpétré par les Américains à Hiroshima, encore dernièrement, nous avons  dû désarmer certains de leurs engins prêts à larguer de nouvelles bombes nucléaires. Nous devions anéantir toute nouvelle tentative de vos gouvernements de les lâcher sur des territoires ennemis. Du même coup, nous servions à vos gouvernements un sévère avertissement que je pourrais interpréter comme suit :

 

Même si vous ne nous voyez pas, nous sommes toujours là à surveiller ce que vous faites et nous ne vous laisserons pas faire n’importe quoi avec le nucléaire. D’un bref coup de rayon laser et avec une précision parfaite, nous avons désarmé chacun de vos engins, et ce, malgré une présence accrue de soldats armés jusqu’aux dents, sans même avoir été repérés par vos radars, aussi sophistiqués soient-ils. Si vous continuez dans cette direction, redoutez-nous, car nous avons les technologies nécessaires pour vous neutraliser, si cela s’avérait inévitable pour sauver la planète.

 

Après un tel discours, Hélène préfère se taire. La situation est un peu tendue, car il y a de la menace dans l’air, malgré le fait que Yogmi semble vraiment croire que les siens se comportent en justiciers auprès des méchants humains. C’est un inversement de rôles bien difficile à croire pour Hélène qui a toujours vu les extraterrestres dans le clan des envahisseurs.

 

 

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